« Ce n’est pas grave » : la petite phrase qui cache parfois un vrai besoin de changement

La semaine dernière, en formation, une participante a évoqué une difficulté qu’elle rencontrait dans son quotidien professionnel. Le groupe a commencé à chercher des pistes, puis, au moment où les solutions devenaient concrètes, elle a souri et a lancé :

« Oh non… en fait, ce n’est pas grave. »

J’aurais pu passer à autre chose. Après tout, elle venait de refermer la porte.

Mais quelque chose m’a fait rester.

Je lui ai simplement répondu quelque chose qui disait en substance :

« Si vous avez choisi d’en parler aujourd’hui, c’est probablement que ce n’est pas anodin. Oui, mettre en place une solution va vous demander un effort… et j’ai l’impression que, pour éviter cet effort, vous êtes en train de vous convaincre que ce n’est pas grave. »

Elle a réfléchi. Puis nous avons continué.

Un peu plus tard, nous sommes passés aux mises en situation. Nouvelle résistance :

« Là, je suis trop fatiguée pour faire le jeu de rôle. »

Là encore, je n’ai pas lâché. Pas en la poussant, mais en la sécurisant. Nous avons adapté l’exercice, pris le temps, respiré un peu… et elle s’est lancée.

À la fin du jeu de rôle, elle avait trouvé sa solution et s’était rendu compte que c’était possible. Son visage s’est détendu.

Je lui ai demandé :

« C’est comment, là ? »

Elle m’a répondu avec un sourire qu’elle était contente. Soulagée.

Et je lui ai posé une dernière question :

« J’ai bien fait d’insister ? »

Sa réponse a été immédiate :

« Oui. »

J’ai choisi de vous raconter cette expérience pour vous encourager dans les changements que vous souhaitez mettre en oeuvre. Inconsciemment , il peut sembler plus confortable de rester dans l’inconfort connu que de sortir des sentiers battus et oser faire autrement.

Lorsque nous voulons changer, la difficulté ne vient pas toujours du problème lui-même. Elle vient souvent du moment où il faut passer à l’action.

Notre cerveau a une capacité extraordinaire inventer de « bonnes raisons » de rester à l’identique :

  • « Ce n’est pas si important. »
  • « Je suis trop fatigué. »
  • « Ce n’est pas le bon moment. »
  • …

Ce ne sont pas forcément des mensonges. Ce sont souvent des mécanismes de protection. Changer demande de l’énergie, de l’inconfort et du courage.

Pour moi, accompagner, c’est parfois croire un peu plus longtemps que la personne en sa capacité à réussir. C’est maintenir le cap lorsqu’elle est sur le point d’abandonner, tout en restant à son écoute et en respectant son rythme.

Le rôle d’un formateur ou d’un manager n’est pas de faire le chemin à la place de l’autre. C’est de lui rappeler, au moment où il doute, pourquoi il avait commencé à marcher.

Et vous ? À quel moment vous êtes-vous déjà dit « ce n’est pas grave », alors qu’au fond, cela comptait vraiment ?